Rencontre avec Lahcen Ait Abaid.SDC17339

Lahcen Ait Abaid est un littéraire au sens propre. De formation littéraire, il navigue entre l’arabe, le français et le berbère. Mais c’est dans sa langue maternelle qu’il choisi d’écrire. Il est de la génération des militants associatifs de la vague des années 90 auquel s’ajoute une curiosité existentielle et philosophique de la vie.

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Angi signifie la crue. Le titre de ce recueil s’est imposé à l’auteur naturellement. Né près de l’oued, il a été bercé par cette réalité plurielle, qui peut faire le malheur des uns autant que le bonheur des autres. La crue est favorable à l’agriculture. Mais cette crue bénéfique peut s’avérer aussi être porteuse de drame : inondations, frontière terrestre, etc. Cette dualité du destin face à une réalité se retrouve chez les poèmes de M. Ait Abaid.

L’auteur a utilisé des néologismes berbères, annotés et expliqués en berbère et/ou en français.

Ce recueil de poésie, qui n’était pas destiné à être publié, est paru en 2004 (à 1 000 exemplaires). C’est l’ensemble de ses poèmes écrits depuis 1990 que nous offre ici M. Ait Abaid.

Parcours de M. Ait Abaid :

L’auteur est né en 1965 à Agadir. M. Ait Abaid entre dans une école coranique sans connaître l’arabe (sa langue maternelle est le tachelhite). Il parle lui-même d’un choc, d’une dualité entre sa langue maternelle et cette autre langue qu’il apprend à l’école .

A l’école coranique, il n’apprend pas les sourates mais il est fasciné par la langue arabe (l’écriture arabe). Par la suite, il s’intéresse aux livres et à la langue française. Puis, il obtient une licence en littérature arabe à la fac d’Agadir. Il se passionne aussi à cette époque pour le théâtre et la poésie française. Ce parcours universitaire lui offre un poste d’instituteur.

Il se voit comme un lecteur militant et un écrivain philosophique. A 6 ans, la dualité des langues au Maroc le questionne. Et dès l’adolescence, il s’interroge sur la mort.

Choix de la langue berbère à l’écrit :

M. Ait Abaid a choisi d’écrire en berbère, la langue qu’il maîtrise le mieux. Pour ce poète : « chaque langue à sa manière de voir le monde ». Mais l’arabe et le français « m’ont ouvert des portes ».

L’auteur souligne le manque de contacts et d’échanges entre berbères (entre les différents dialectes et régions) qui bloque une compréhension mutuelle : orale et écrite.

Lire et écrire est un exercice exigeant qui demande un effort, y compris dans sa langue maternelle (quelle que soit celle-ci : français, arabe ou berbère). Pour M. Ait Abaid, il ne faut donc pas dramatiser ou exagérer la difficulté de la littérature écrite en berbère.

Projets à venir :

Son second recueil de poésie sera publié prochainement. M. Ait Abaid a récemment terminé d’écrire une pièce de théâtre en berbère. C’est une pièce de théâtre qu’il a commencé à rédiger dans les années 90. Elle sera normalement publiée en 2010.
Nous vous informons en temps voulu de ses publications.

M. Ait Abaid nous a lu son poème « Tamarayt ».

Vous pouvez vous procurez un exemplaire de « Angi » via notre association.

La rencontre littéraire avec l'auteur a eu lieu le 5 juin 2009, à « Café Livres ». Un enregistrement audio de l'entretien sera disponible. Merci à l'auteur pour sa présence.