Les langues berbères (ou les variantes berbères) sont, en France métropolitaine, unes de 10 langues les plus parlées en France par la population immigrée et leurs descendance. C'est ce que nous apprend l'étude faite et synthétisé par Alexandra Filhon sur un échantillon de la population.

Proportionnellement, les berbères marocains transmettent moins leur langue que les kabyles. La prise de conscience du patrimoine linguistique est moindre chez les berbères marocains que chez les kabyles, c'est que révèle notamment cette étude.

On y apprend également que seulement la moitié des berbérophones en France transmettentle berbère à leurs enfants, contre 3/4 pour les arabophones. Patrimoine qui a plus de change d'être transmis d'ailleurs si c'est la femme (mère) qui est berbère.

"Parler berbère en famille : une revendication identitaire" est une étude parue en 2007 sur la transmission de la langue berbère (dans sa généralité) en France parmi les populations immigrées. Cette étude, forte intéressante, compare l'héritage linguistique transmis en Algérie, Maroc et Tunisie par les berberophones en comparant avec les arabophones, puis  également en France (après l'émigration).

Alexandra Filhon, l'auteure de la recherche et de ce document de synthèse, est  Maître de conférences au CNRS (Université de Paris X).

FILHON, Alexandra. Parler berbère en famille : une revendication identitaire. Revue européenne des migrations internationales [en ligne], vol. 3 - N°1 - 2007, mis en ligne le 30 juin 2010. URL : http://remi.revues.org/3651 DOI en cours d'attribution.

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« En France, lorsqu'on aborde la question des migrations internationales, on regroupe souvent en un bloc l'immigration dite maghrébine ou nord africaine. [...]
Or, si actuellement l'arabe est la langue d'immigration la plus parlée en France (Héran, Filhon et Déprez, 2002) le berbère fait également partie des dix langues les plus usitées en métropole, ce qui est beaucoup moins connu. »

 « Globalement, avant la migration [note du Club Adlis : des parents vers la France] la transmission est à 80% en faveur de l'arabe et à 20% en faveur du berbère. »

 « En effet, dans l’ensemble moins de deux personnes sur cinq ont déclaré une transmission familiale exclusivement en berbère contre trois sur cinq pour un usage exclusif en arabe. »

 « Après la migration, près des trois quarts des arabophones ont retransmis leur langue natale à leurs enfants mais seulement environ la moitié des berbérophones. »