Association Le CLUB ADLIS/ Soirées littéraires berbères

Blog de l'association Club Adis, pour promouvoir la littérature berbère.

28/02/08

L'association Abaraz recherche des artistes

Vous êtes jeune artiste et vous désirez montrer vos talents.

L’Association ABARAZ pour vous ouvre les portes pour participer à la 2ème rencontre nationale Asnflul des jeunes artistes Amazighs.
Asnflul, c’est quatre jours d’ateliers, exposés, projections de films, spectacles, soirées, conférences, débats et visites de sites culturels et touristiques. Asnflul, aura lieu cette année à Igherm, à de Taroudant, du 02 au 05 avril 2008.

Si vous êtes jeune artiste, n’hésitez pas à envoyer votre candidature comprenant les pièces suivantes :
- Demande de participation,
-

Une présentation de votre participation (Images de tableaux pour les peintres, clips live pour les musiciens, extraits de scènes pour les acteurs...).
-
Un CV.
A l’adresse e-mail suivante : asnflul2008@yahoo.fr
Dernier délai pour l’envoi des dossiers est le 15 mars 2008.

Pour plus d’information contactez :
Yuba OUBERKA +212(0)68092099
Abdellah BOUZANDAG +212(0)70584156

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28/10/07

Poème de Belkacem Ihidjaten

Connaissez-vous Belkacem_Ihidjaten ?

C'est un auteur comptemporain kabyle, auteur de poèsies kabyles (écrite et chanté).

Notre collègue et ami, Rezki offre a qui veut bien l'écouter un poème Seg awal γer wayeḍ de Belkacem Ihidjaten.

Il y en aura apparemment un autre à venir le 27 octobre (poème Amazigh).

Je ne peux que vous inviter à l'écouter...

Pour plus d'informations sur cet auteur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Belkacem_Ihidjaten

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24/07/07

Dernier extrait de "Fils de fellagha"

A la demande de l'auteur, nous diffusons le dernier extrait de "fils de fellagha" de Si Hadj Mohand.

"Temps brumeux, climat glacial en ce début d’hiver 1959, à Iferhounéne, un village perché sur un mamelon  face à l’imposante chaîne du Djurdjura , couve un événement dramatique sous l’occupation de l’armée française…

De gros nuages gris et blancs, comme à l’accoutumée en cette période de l’année, couvrent le ciel , donnant l’impression d’un couvercle sur le point de se refermer sur cette cuvette escarpée des tribus quinqué genti , aujourd’hui les ath yetsoura (ITTOURARS). CAS5KPSJ

Cette région visitée dans le passé lointain  par des conquistadors européens , mais jamais conquise complètement y compris dans les années 1854 ;1856 et 1857 par les armées de Constantine et de Bordj Tizi Ouzou conduites par les maréchal Randon et les généraux  Mac Mahon , Yusuf …

Nous sommes en 1959, La Kabylie est maintenant  soumise totalement à la domination de l’armée coloniale et la population fait l’objet d’une étude minutieuse, d’une observation méticuleuse. Sur le terrain, les troupes du vaillant guerrier Amirouche continuent de harceler les nombreux camps qui egrennent les mamelons de ce territoire des amazighs, hommes libres et fiers.

La population civile , même réduite sévèrement dans ses mouvements, continuait de  vaquer à ses occupations sous l’œil vigilent des quatre sentinelles placées au quatre coins du camp militaire , installé depuis 1956 à l’emplacement même du lieu réservé aux commerces de cette population spolies de se propres magasins.

De ces reliefs sauvages, escarpés et boisés, il ne reste plus que les pâtés de maisons formant maintenant de véritables cités dortoirs des kabyles, une fourmilière sans provisions stockées, entourée d’un barbelé qui l’intègre ainsi à l’environnement du camp.

Mon oncle Arezki ,en rejoignant ce pâté à pieds, sur le point d’atteindre le village, sur son chemin en dépassant la fontaine fraîche « thala bouda » tout près du camion calciné,par je ne sais quelle lubie , fonçant droit subitement sur le premier rencontré sur son chemin ,qui se trouvait être par hasard un enfant de mon âge,que je connaissais très parfaitement ,lui flanqua en pleines fesses son 42 fillette , avec cette rare violence qui ne pouvait qu’expédier à vol plané sur une dizaine de mettre, à contrebas de La route carrossable, ce petit enfant de la taille d’un ballon de rugby. Le coup a été évidemment bien ressenti, mais heureusement sans conséquence dramatique pour cet enfant de 9 ans qui, 50 ans après l’incident s’en souviendra comme si cela datait d’hier.

L’ampleur de la rancune  qu’a gardé mon petit ami Saadi Ait El Hadj envers mon oncle Arezki, sera ouvertement dévoilé devant le cadavre allongé saignant , face contre la terre , un trou dans la tête , et qui n’a pas trouvé mieux que ces termes infantiles , innocents, inconscients à la fois pour lui  faire sa confession : «  chah ! Chah ! C’est bien fait pour toi ! Je suis très content que ça se termine pour toi ainsi .tu m’as donné un coup de pieds, peut être avais- tu raison de frapper mais tu t’es trompé de victime .je suis certain que tu n’as pas agi gratuitement mais ton agresseur ce n’est pas moi, te connaissant tu as dù être victime d’une confusion. , un voyou sans doute t’a mis dans cet état….. »

Saadi avait tout compris. Arezki a du subir une provocation d’un enfant voyou, ou bien, est- ce que ce qui allait suivre le concernant pourrait tout expliquer. Peut être inconsciemment avait il voulu calmer ses nerfs sur un enfant sans défense, se sachant d’avance perdu pour de bon.

Le lieutenant Pelardi est un homme de corpulence et de haute taille. Agissant sur instruction de ses supérieurs restés dans l’ombre, le commandant Favier, son adjoint Wolf qui l’ont désigné, en raison de sa personnalité et sa solide conviction de l’Algérie française pour diriger l’impitoyable section qui aura pour charge de mater la population d’iferhounene.

Cette section qui compte en son sein des harkis notoirement connus pour leur violence, a fait beaucoup parler d’elle, dans le mauvais sens bien sur. Les femmes, les vieilles, les hommes et les enfants connaissaient Pelardi et ses hommes de mains. Moi même j’ai eu à maintes reprises à entendre parler des exploits de ce sinistre individu. Tenez par exemple lors de notre expulsion du village début de l’année 1959, le capitaine Favier avait menacé de mettre à nos trousses sa soldatesque de triste réputation pour s’adonner sur notre famille, aux exactions et humiliations dont il en maîtrisait parfaitement l’art et la manière. Le message était bien perçu puisque il ne nous avait fallu pas plus de 10 minutes pour quitter nos maisons, au lieu du quart d’heure qui nous avait été accordé. Nous avions quitté le village les mains nues, pour ne pas tomber dans les mains de ces charognards de harkis. La panique  a frappé sélectivement la famille car c’est dans le camp que se décidaient toutes les actions, en présence bien entendu d’un effectif nombreux de harkis et de goumiers. Ces derniers étaient plutôt connus pour leurs violences gratuites sur des femmes soupçonnées de servir les fellaghas.

Enfants insouciants et innocents, la colère et la trouille sont devenues notre pain quotidien. En sortant de chez nous à quelque mètres du barbelé qui cerne le village, l’impression de liberté que nous avions ressentie est vite effacée par ces phrases assassines prononcées par des soldats français de souche européenne, reconnaissables à leur accent «  a yefehounene, aya ats tcham izzan » traduit en kabyle cela voulait dire « habitants d’iferhounene venez manger de la merde ! Rien que cela, les leçons que les harkis ont apprises à ces jeunes français pour nous narguer comme si la précarité de la vie n’était pas suffisamment dure à supporter. cette phrase m’avait tué de rage, de sucroit quand ma mère et mes comprenaient bien ce que cela voulait dire d’une part,  et,  que d’autre part, elle renseignait , en la circonstance sur le cynisme sadique du chef de cette horde de mal élevés , de voyous en uniformes..

La section de Pelardi, peut être au nombre de 8 ou 12 éléments, était là alignée pour s’assurer que les ordres donnés par WOLF et consorts étaient appliquées à la lettre. En d’autre termes que ces femmes, ces vieillards et ces enfants en très bas âge ont obéi aux injonctions de quitter sans délai, le village.

Apres nous avoir expulsé du village, pour le motif que nous étions une famille de fellagha, les gradés du camp d’iferhounene allaient , du moins le pensaient ils, poursuivre leur entreprise de pacification du village, encouragés pour cela par certains écervelés de harkis, du genre Mohand Tizi (ou Mohand Ait El Mouhoub du village de Tizi guefres) qui continuait même après son arrestation à l’indépendance à croire que toute la population d’iferhounene était acquise à l’idée de l’Algérie française.

Ils décidèrent donc de passer à l’action après avoir éliminé la famille la plus récalcitrante, j’allais dire le dur noyau de la résistance populaire de leur champ de vision, qu’ils livrenet sans aucun remord, ni état d’âme à l’exil forcé, à la faim et l’insécurité, ses membres dispersés à travers les villages Ait Ouatas, Taourirt, Tikilsa, Ait Idir Ouali ET Ait Hamou.

Le choix était porté  maintenant sur deux personnes qui, selon les accusations  qui ne manquaient pas pour trouver le prétexte aux nouvelles exactions, tortures et assassinats, étaient des collaborateurs du FLN.

Il s’agit de mon oncle Arezki et  Belkadi Boussad qui, eux, n’étaient pas encore astreints à vider les lieux, car non connus pour l’instant du service de renseignements alimenté en fait selon l’humeur par de lâches trahisons, ou esprits de vengeance personnel  des harkis du camp. Je comptais  moi-même à cette époque, malgré mon jeune âge, pas moins de 15 harkis dont je pouvais donner les noms et les prénoms ainsi que les origines par famille et par village. Plus que cela, j’étais même en mesure de les identifier un par un, grâce à leur faciès.

Des éléments de ce sinistre camp  capturèrent les deux hommes, avec la facilité que l’on sait car, ces personnes n’avaient aucun motif de se soucier de leur vie, du moins rien ne pouvait justifier leur fuite, leur emprisonnement, encore moins leur exécution. Quant à leur éventuel et préalable jugement, c’était selon l’expression bien de chez nous comme si «  on demandait l’arbitrage d’un roumi quand on est victime de son frère roumi » En l’occurrence c’était un non sens que d’attendre un jugement équitable de l’occupant , quand vous êtes tout simplement soupçonné de collaborer.

En tout cas, amenés  tous deux au camp, après quoi  on les attacha avec des cordes, et leur banda les yeux.

On les conduisit à l’extrémité Sud Est du village au lieu dit «  le chêne de Mnea », en traversant le village, pendant que les harkis s’affairaient à exécuter l’ordre qui leur était intimé de faire évacuer toute la population pour la rassembler sur le lieu indiqué.

Rien n’augurait de ce qui allait se dérouler pour le moment, malgré l’atmosphère lugubre qui régnait dans cet endroit attenant au cimetière du village.

Là , les yeux bandés, et les mains attachés, le dos tourné au culminant piton de Azro Nt hor,  face à cette miséreuse population sans âme , alignée dans le sens Nord Sud devant l’imposante chaîne du Djurdjura.

Une population disparate composée que de femmes et d’enfants et de quelques vieux croulants sous l’âge et la sous alimentation…..une population qui n’avait jamais assisté dans son histoire à ce genre de rassemblement, et qui n’a jusqu’ à cette minute précise rien compris à ce manège. Elle n’avait porté aucun soupçon sur les intentions réelles de ce gradé français, qui , signe trompeur , donnait tout le visage d’un homme civilisé, intelligent et affable.

Le suspens est complet et chacun essayait de deviner ce que leur voulait ce groupe de soldats muets, à l’air pourtant martien. Certains, villageois, avaient un léger soupçon mais pas au point d’imaginer qu’un drame était en train de se préparer devant leurs yeux et que rien ne pouvait en suspendre l’exécution. La machine à tuer s’est mise en branle.

Les soldats alignés comme à la parade devant ces petites gens, face à ces deux suppliciés , vont maintenant être réglés dans un compte rebours effroyable…..un chronométrage pour une action qui s’inscrira dans l’histoire de la glorieuse France et de l’Algérie pacifiée., martyrisée.

Soudain, comme dans un préparatif d’une mise  en scène d’un film qui précède une action spectaculaire, les dernières retouches du décor achevées, un silence mortel s’installa subitement à percevoir le bruit de la respiration des suppliciées, figés comme des momies devant tout ce monde, aveuglés et assourdis, car empêchés de voir, et d’entendre, par les bandeaux qui leur couvrent les yeux et le silence qui s’était imposé de lui-même.

Savaient ils ce qui  se tramaient autour d’eaux ?

Personne, à mon avis ne savait d’avance ce qui allait se produire. Un fait inédit dans ce patelin appartenant au siècle dernier allait avoir lieu dans cet univers fermé.

Le bouillant lieutenant, l’air devenu encore plus grave par l’imminence de cet événement fatidique  donnait plus l’ impression dans son discours de vouloir justifier, qu’expliquer ce qu’il allait ordonner à ses subalternes, pensant sans doute laver sa conscience par anticipation de ce qui, sans doute , allait lui rester sur la gorge, son acte volontaire, sans aucun  jugement d’autrui, ni force opposée et qui en revanche, ne pouvait être qualifié que d’ignoble exécrable, insensé, pervers vu du coté de ces indigènes titanisés.

En rompant le silence qui régnait jusqu alors, la voix du bouillant lieutenant a eu pour effet de faire braquer le regard de tous ceux qui étaient présents sur les lieux, pour tendre l’oreille aux lèvres de ce roumi, malgré la martialité du ton, ils ne comprenaient rien à ce qu’il disait. Ce qui ne pouvait rendre la situation que plus macabre encore.

Il débitait, sans se faire comprendre les premières phrases que le harki AMEZIANE OA s’était subitement mis à traduire dans un style que l’on peut qualifier «  la voix de son maître » dans l’indifférence totale de l’auditoire. La portée militaro politique du discours n’avait pas permis aux villageois de deviner la suite de l’événement à travers ce qu’il pouvait supposer comme conséquences, menaces  avant exécution, malgré la fidélité de la traduction qu’assurait avec une aisance déconcertante ce harki effronté, qui ,au-delà de son verbe , montrait une attitude d’un convaincu dans une cause que l’on savait pourtant perdu d’avance :

« Habitants d’iferhounene, a t-il commencé à débiter. En faisnat signe de la tété à son interprétre de traduire :

« Dois je vous rappeler encore une fois que j’avais averti , pour ce qui me concerne, que toute personne qui serait prise en train de collaborer avec les fellaghas sera châtiée. » Le harki commençant de traduire, à ce moment tous les regards se braquèrent sur cette source familière qui s’exprimait dans leur langue, en kabyle mais pour leur signifier que la situation est grave.Les habitants qui étaient encore sous le choc  et l’effet de l’incompréhension, sont secoués dans leur sommeil diurne, un peu comme des somnambules.

Il continue « je vous avais pourtant tous averti à plusieurs reprises et j’avais même fermé les yeux sur beaucoup de cas qui m’avaient été rapportés. Malgré mon indulgence, certains  d’entre vous continuaient d’ignorer délibérément mes avertissements. C’est le cas de ces deux individus que vous voyez à cet instant devant vous. Je vais vous montrer ce que l’on fait de ceux qui n’écoutent. Tant pis pour ceux qui ne veulent pas obéir »

La fonction où la mission du traducteur s’arrêta nette à cet instant précis

Puis le ton militaire, martial, se tournant vers le peloton, il continue tout seul sans l’aide du harki, pour se faire comprendre :

«  A mon commandements …………..feu ! »

Un désordre général s’installa au sein de l’assistance.

La première victime , en l’occurrence mon oncle Arezki, touché par une balle au niveau front, sa chéchia éjectée à quelque mètres , avant de tomber sur la face comme s’il allait se prosterner dans une dernière prière de musulman pratiquant.

Quant à Belkadi Boussad, il donnait l’impression de se coucher subitement sur le flan droit comme s’il cherchait à se reposer de la fatigue due à sa station debout.

A ce moment précis, comme si la douleur de la population n’avait atteint son paroxysme, le harki AOA se rapprocha des deux corps sans vie, car le cerveau foudroyé, pour donner le coup de grâce.

La mort de ces deux hommes notoirement connus pour leur bonté, vécue en direct va transformer tous les villageois. C’était cela la punition collective dont parlaient les généraux Mac Mahon, Maréchal Randon, le général Cavaignac, le général Bugeaud et autres stratèges de la mission civilisatrice du colonialisme.

On entendait pleurer, hurler, crier de toutes parts. Un concert de voix inextricable

Il y’avait présents  sur scène les enfants des condamnés. Certains seront marqués à jamais par cette exécution sommaire, par ce crime inexpiable.

Les enfants de moins de 7 ans, empêchés de se rendre sur les lieux se souviendront, eux aussi  à leur manière, de ce jour. Empêchés à coup de pieds de s’approcher du lieu où se déroulait le drame, par le lieutenant. Ils finiront par savoir ce que l’on avait voulu leur cacher. Mais juste le temps du forfait, car ils savent maintenant que ce qui s’était produit était ignoble. Les enfants, en entendant les adultes chialer, savaient que quelque chose d’insoutenable se déroulait à leur insu.

MOHAND OUBELKACEM, qui avait juste 17 ans sera marqué toute sa vie. Il venait de perdre définitivement son père Arezki, pour une raison qu’il n’arrivait pas à comprendre. Sa réaction, en voyant le sang jaillir du front de son père au moment où la balle est venue traverser sa tête, inconsciente d’abord , puis il commençait à balbutier quelques phrases qu’il arrivait  à peine à articuler avant sortir de sa bouche presque paralysée par l’inhibition de toutes ses faccultés.

Il ignorait le risque qu’il courrait en esquissant une protestation devant ce que les gradés de l’armée françaises considéraient comme un haut fait de guerre : éliminer deux « dangereux fellaghas ».

«  Pourquoi ? pourquoi mon Dieu ? Vous avez tué mon père ! » Avait il fini par prononcer.

La réplique ne s’était pas fait attendre de la bouche même du lieutenant très en vu spontané dans ce genre de corvées et, s’adressant à Mohand Oubelkacem, il ajouta, sans état d’âme :

« Tu n’es pas content ? Si tu n’es pas content nous te ferons la même chose »

Mohand Oubelkacem « maintenant que mon père a été tué, vous pouvez me tuer moi aussi, je n’ai plus rien à attendre de la vie ! Allez y ! Tuez moi ! » Puis il explose dans un sanglot mêlé de rage et de douleur. Il continuait à pleurer comme un enfant, pendant qu’un climat de torpeur enveloppait la région dans une sorte de micro climat de tension nerveuse..

Mission accomplie, la section rejoignit le camp sous le commandement de Pelardi. La foule s’est disloquée, comme cruche qui se brise dans un climat de désespoir, j’allais de fin du monde.

Ces soldats qui repartent en fin de journée, peut être fières de leur exploit pour certains, comme c’était visiblement le cas de ce harki ; peut être aussi, que pour d’autres  chagrinés, malgré l’énorme service rendu à la France coloniale.

Pour Pelardi qui pensait que ce châtiment collectif allait précipiter la pacification de la population d’iferhounene, la mission était bien remplie, il pouvait donc prétendre de la part de ses supérieurs immédiats, Favier et Wolf à une décoration.

Mais pour ces petites gens, le double crime commis sur des éléments de leur familles allaient dévoiler  d’emblée pour leur petites cervelles de primitif et en éveillant leur conscience, que les intérêts de ce « djens  ou roumi » cette nation française, européenne leur réservaient un avenir des plus cruels à eux et à leur progéniture

Les intérêts de la France coloniale  venait d’être sauvés de la menace que constituaient ces pauvres types  qui avaient osé désobéir à l’éminent missionnaire de l’entreprise  humanitaire, civilisatrice , dans un village de France et qui s’appelle iferhounene , situé à 160 km d’Alger et 60 km de Bordj Tizi-Ouzou.

Ignorant peut être qui est l’envahisseur, car me dira t on aussi, qu’un soldat, c’est fait pour obéir.

La question de ce fait devrait être adressée à sa hiérarchie et non à lui .il vous dira qu’il faut s’adresser à Salan, Massu, Randon et Mac Mahon, Cavaignac, Pélissier qui ont cru en l’Algérie française.

Mais moi autant que de gaulle au moins, je n’en ai pas cru l’ombre d’une aiguille à cette , émancipation, assimilation, en ôtant la vie aux autochtones pour quelque motif que ce soit, car rien ne justifie le crime pas même l’instauration d’une démocratie. En autres termes, une démocratie sans moi, ne peut être envisagée. La suite des événements qui se sont succédé même après l’indépendance de l’Algérie ; va nous révéler si besoin est  que les tenants de la théorie «  des possessions françaises’ et plus tard de «  l’Algérie française » étaient pleinement et entièrement responsables  de la mort de plus de 1 500 000 algériens et de plus 30 000 français auxquels faudrait il ajouter des milliers d’estropiés et handicapés mentaux.

En somme  comme dirait julien Garnier « mais ces jeunes appelés étaient innocents. Jamais ils n’avaient été confrontés au moindre rebelle et leur mort me navrait. D’autant plus que nous n’étions pas certains en fin de compte de pouvoir garder l’Algérie à la France. Assurément, dans cette pénible affaire, le FLN, bien qu’il fut l’ennemi, me parut moins responsable que le gouvernement gaulliste, qui continuait d’alimenter l’armée d’Algérie en jeunes français inexpérimentés, lesquels tombaient alors que la décision d’abandonner  l’Algérie était déjà prise. En toute honnêteté, contrairement à ce qui était communiqué officiellement aux parents, je considérais que ces jeunes  ne mourraient pas pour la France, mais, pour rien dans cette tragédie».

Version Word : Un_peloton_dE_PELARDI

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15/06/07

Extrait 3 de "fils de Fellagha"

Nous vous avions déjà parlé des deux livres de Si Hadj Mohand Abdenour, un écrivain kabyle, sur la Guerre d'Algérie : un roman historique et un recueil de poèsies de cette période.

Nous avons le plaisir de vous livrer d'autres extraits :

AKLIYI DHAG FARHOUNENE IFERHOUNENE_VILLAGE_DE_FRANCE

OUDHMIOU  INOU AMELMEGGUETH

NATS HOUDDOU ELHARA AITH LIMAM

ANEF IOUROUMI ADHISSAROUETH

CHEF ENNAGH DH AMEZIANE

YATSVAHHITH YIOUETHYEOUETH

AHAKANE AYAMEZIANE

AFOUS ARRABI AKITTEF

Je suis à IFERHOUNENE

Avec ma mine cadavérique

Contraints (par le France) de détruire la demeure des aith l’imam (1)

Car soumis aux folies du Roumi

Notre chef, était Ameziane

Qui nous interrogeait une par une

Tu ne perds rien pour attendre,  Ameziane

La main de Dieu finira par t’attraper pour te punir

Version Word : Iferhounene_1_

  voiture_calcineeAMAGOUA AOUINE OURNAHDHIR

DHIRAV AA IMI ATHRAFDHEN

YABOUADH AV VARRA IQALVED

YATS MARMAI DHIMATTAOUENE

BQA AALA KHIR ATTAROUA

THIMAZRIOUTH YIDH OUENE DHAY2NE

INDAH ATHA MATTOUTHIOU

OURTHOUFI HAD DHAMAIOUENE

OUIZA IMADDAHENE

VILLAGE AIT BOUMESSAOUD-1959

LE DERNIER ADIEU

Heureux celui qui n’a pas assisté

Quand ils sont venus, à quatre, le prendre

Il avait les yeux larmoyants

Quand de dehors, il s’était retourné

« Adieu, mes enfants chéris !

Nous nous reverrons plus jamais »

« Adieu ma femme chérie ! »

Tu n’auras plus personne à tes cotés

Version Word : AMAGOUA_AOUINE_OURNAHDHIR_2_1_

A LACOSTE A VOU FAASSIS

BARKAK LEKDHEV THIHILA

L DJAYER BBOUA RRAOUIS

MOUHAL MACHI NEFRANCA

ATAS ITHRAKDHEDH LAALAMIS

MYA OUA THLATHINE NESNA

TOURA AKRAND OUARRAWIS

YACHRAQ YITTIJIS

ATSA RAFRAF DHI EL HAOUA

Oh ! LACOSTE à la bedaine !

Cesse  tes mensonges malicieux !

L’Algérie est à ses enfants !

Mais jamais à la France !

Trop longtemps tu as piétiné son drapeau

130 ans durant

A présent, ses enfants sont là

Son soleil étincèle

Son étendard flottera dans les cieux

Version Word : ROBERT_LACOSTE_1_

Pour obtenir les livres de cet écrivain, veuillez nous contacter.

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11/06/07

Poésie de Si Hadj Mohand Abdenour (Kabyle)

SI AMIROUCHE YASTECH HAEDH

ALAHVAV NELLAH GHALLEV

RABBI AKI IGUE JARREDH

LEM DHAHHI OURI FERCHLARA

NATTAF DHI RABBI OUAHED

SANNIGUES OULAHAD

OURN AAVDH ARA CHAKHSIYA

SI AMIROUCHE YASS TECHHADH

YAMMOUTH MOUDJAHED

AAFOUTHASS AL MOULOUKA

NIDHAME IGH DIDJA YADJ HAD

MOUHAL ATHNEFSEDH

ILAQ ASSNEFK TTIQA

DHAVRIDH UNES IGAQSEDH
HAD OURSSI SAALEM
AMMI GUBBOUEDH BOUSSAADA

DHIRRATISSAGE IHASLED
LASLAK OULAHED
NOUKNI NAHSSATS DHELBAIAA

LES AVIONS HRARTENTED
L’ANTIRI TH KHABDHED
THA CH AAL TH MESS DHIL QAA

ALATIF A MOHAMED
FRANCA THEQARSED
MITHAH SA DHINE IGELLA

KOUL AKHABITH YASSAOULED

ACHOUR ILAHQED

NNANAS  OUK ADH OUINNA

POSTE RADIO TH HADRED
THANNAD RANDITHED
THAQQARAS THEFFRA EL GUERRA

ATSA MENCHCHIR THE KEDTRED
LITRAK ATH DHA GRED
LATHATS MATSATHEM BLA AL MAANA

MESSALI, ROBERT, KRANDE
AOUEAKHAR OULAHAD
ANAOUI SITKLAL TAAMMA

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Extrait 2 de "Fils de Fellagha"

Voici un autre extrait, de "Fils de Fellagha" de Si Hadj Mohand Abdenour et de Jean Collet, sur la Guerre de l'Algerie :

sous Version Word : HANAFI1

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05/06/07

Petit rappel, concernant l'envoi de vos manuscrits

Nous commençons, depuis quelques temps déjà, à recevoir certains de vos manuscrits en francais et évidemment en dialectes amazigh.

Tout d'abord, merci de votre confiance. Et nous en sommes heureux.

Néanmoins, nous voudrions juste porter votre attention sur le fait que vos manuscrits qui nous arrivent (par mail essentiellement), doivent être corrigés : lisibles par exemple, par rapport à la transcription latine du berbère ; ou éviter les fautes de syntaxe française. Car malheureusement, nous n'avons que peu de temps, et nous risquons de reporter surtout la diffusion de vos manuscrits.

Posté par Dihya_LAKAHINA à 09:47 - JEUNES AUTEURS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04/06/07

Extrait de "Fils de Fellagha"

Nous vous avions présenter, il y a quelques jours 2 livres, sur la période de la guerre d'Algérie,  d'un écrivain kabyle :  Si Hadj Mohand Abdenour.

Nous pouvons aujourd''hui, vous présenter un extrait du "Fils de Fellagha", avec l'authorisation bien évidemment de l'auteur.

"Cela se passait à Ait Ouatas en automne 1959, de l’autre coté, du piton de kalous dans une sorte de vallée escarpée qui fait face à l’imposante chaîne du Djurdjura, tournée vers le col d’Akfadou. De là, on ne peut voir que les villages d’en face, dans une orientation nord-sud : Agoucim, Mnea Bou-messaoud, car les Ait Ouatas nous donne cette impression de se dissimuler du regard des autres mamelons, des autres villages venus s’y percher depuis la nuit des temps, à l’instar d’Iferhounéne, Ait Larbi, El Mansour.

Pour se rendre à Michelet à partir de là, inévitablement vous devez emprunter la ceinture des ittourars par la portion du cercle (de la ceinture) située à gauche de  cette  route carrossable, que les forces d’occupation ont tracée, pour mieux surveiller les populations des imessouhals.

Quelques jours après l’exécution de mon père par les bourreaux de la France coloniale, au lieu dit Ighzer El Hocine, à mi-chemin entre les villages de Bou-messaoud et Ait Ouatas… Mon pauvre père ! Il avait subi les pires supplices avant d’être liquidé publiquement, d’une rafale dans la figure. l’unique rafale tirée ce jour, qui lui était destinée, et dont l’écho s’était fait entendre au loin comme pour éterniser ce forfait dans les esprits des pauvres  gens entassés. Ce jour, dans la cour de la mosquée de Sidi Abdelkrim.

Les balles qui l’avaient atteint, étaient entrées  à quelques millimètres au dessous des yeux, laissant de petits trous sur la face pour ressortir au niveau de la nuque dans des espèces de petits cratères, donnant l'impression d’impacts de bombes explosées à l’échelle miniature.

Ma mère et moi-même avons gardé un traumatisme qui ne s’effacera  qu’avec notre disparition, l’un après l’autre en quittant ce monde  pour plonger dans l’océan de l’oubli. Peut-être le reverrons nous dans l’au-delà ? En tout cas nous y croyons tous les deux fermement, c’est l’idée qui prévaut chez les croyants, dont nous faisons partie, toutes religions confondues. Cette idée nous fait quelque peu oublier, de temps à autre, sa disparition.

Mais pour l’instant, me voici donc seul, n’ayant plus de soutien, de conseil, ni d’amis intimes avec la disparition de mon meilleur confident, guide et père en même temps.

9 ans c’est l’age que j’avais à cette époque. Pour moi, une vie vient de prendre prend fin, celle de la jeunesses insouciante ; une autre commence, celle des adultes plongés dans l’arène  des combats , des embuscades, de la torture  du viol et des exécutions sommaires.

Me voila donc investi d’une lourde responsabilité : celle d’abord  de réconforter  par ma présence, une mère dont le moral vient d’être doublement atteint, par la perte de son fils aîné en 1958 au village de MAHMOUD tué par les chasseurs alpins campés à Ait Hichem, puis de son mari, sous les balles assassines des roumis en automne 1959 comme j’ai dit, à Ait Ouatas. Ensuite de prouver que je pouvais  sinon de tout prendre en charge du moins de l’assister  dans toutes les tâches pénibles  et surtout les plus périlleuses qui, en règle générale ne peuvent être exécutées que par les hommes mùrs et coriaces.

L’intérêt croissant dont je commençais à présent à faire l’objet, a eu pour conséquence immédiate de me transformer non seulement psychologiquement mais aussi physiquement.

Je me sentais déjà mùr  à cet âge et capable de mener des missions qui, généralement n’étaient réservées jusque là qu’aux adultes comme par exemple accompagner une jeune femme aux champs, la surveiller et la protéger. Ou bien monter sur un arbre très haut pour couper ses branches avec une hache aiguisée, aller pendant le ratissage, vérifier si les soldats ont quitté les lieux pour rentrer au bivouac ou camp, vérifier dans quelle direction se dirigent les troupes, croiser une compagnie pour s’assurer que celle-ci n’avait pas ramené de prisonniers et identifier que les soldats  ne sont pas étrangers à la région.

Mes nouvelles responsabilités allaient, j’en étais très conscient, m’exposer à mon tour  à des risques  réels plus grands. Aussi, cette prise de conscience de mes nouvelles tâches, dans mon esprit ne trouvait aucun justificatif pour je croie un seul instant pouvoir être en mesure d’attirer ni l’indulgence ni  la clémence de soldats français, encore moins des harkis que je ne portais pas dans mon coeur. Pour ce qui concerne ces derniers, soit dit en passant, je n’avais jamais compris, la cause pour laquelle ils se battaient. Certains d’entre eux ont pourtant,  assisté, sans broncher, à la torture de leurs propres progénitures qui, eux avaient choisi le camp « des fellaghas ».

Faut dire que bien avant cet âge, je connaissais déjà et les physionomies de plus d’une dizaine de harkis. Leur origine géographique par village mais aussi leurs caractères dominants. ainsi , je réussissais sans l’aide de personne , et sans grande peine à vous reconnaître la présence de Mohand Tizi, de Fellak Ouali,  Younes ait a.., ait s…., Mohand Ouidir, Mohamed Ath Meddour, «doumra », Ait Oueyaali, de Bouhraoua et d’autres soldats….. De loin…à l’intérieur d’un long détachement,

Autant dire que 9 ans était pour nous déjà l’âge  adulte chez les fils de fellagha, orphelin de surcroît. Voilà à quoi, enfants de la guerre, nous jouions.

Je m’étais immédiatement mis en situation professionnelle, sans grande peine. Et voilà mes premières missions que j’avais acceptées avec orgueil et satisfaction : je me souviens parfaitement de cette première sortie aux champs, accompagnés d’une dame, qu’auparavant je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam.

Une belle femme  d’âge ne dépassent guère 25 ans  et dont le mari se trouvait être en situation d’immigration, en France, depuis plus de 3 ans est venue à la maison, solliciter de ma mère que je l’accompagnasse au champ situé à quelques kilomètres  sous le village, sur un relief très escarpé. Ma mère ne pouvait refuser et moi non plus, d’autant que nous étions dans ce village, ce que l’on appelait à cette époque de la guerre, les réfugiés. et, pour cette raison précise, nous devions nous montrer très aimables  pour ne pas être exposés à la vindicte d’une population où les motifs autres que l’exiguïté et la gène que nous avions occasionnées  à la famille qui nous avait accueillis, sont aussi nombreux que dangereux pour leurs conséquences .

Sitôt dit sitôt fait. En quelques minutes nous étions sur le point d’atteindre le champ en question, moi et « la belle au bois dormant ».

Un beau jardin entouré d’une haie archaïque faite de branches  d’arbres secs de fil de fer rouillé accroché à quelques piquets  de  fer également rouillés, nous accueillait. Des carrés minutieusement disposés de salades, de piments, de tomates, de menthe douce, de pommes de terre, courgettes et d’haricots verts, entre lesquels coule, tranquillement une eau turbide, mais très fraîche, avec un gazouillement à peine audible et qui rend encore le calme de cet endroit sublime mais effrayant dans un décor cependant féerique. Aucune vie ne semblait se manifester autour de nous. Pas le signe d’un oiseau, d’un lièvre ou d’un chacal, même au loin. Rien ne signalait que nous étions à cet instant même, seuls,  en zone dangereuse.

Devant ce silence assourdissant, la dame, debout devant moi en position de mouton, les mains agiles occupées à cueillir  ça et là toutes sortes de légumes  dont elle formait un gros tas qu’elle posait à même la terre. Sans doute gênée par ma présence et mon silence en même temps, elle prit l’initiative de rompre  la glace  sans se retourner, son postérieur en face de moi et me dit «  peut être, voudrait tu rentrer à la maison ? »

« Non ! »  M’empressais-je de lui répondre.

Je savais au fond que  je ne pouvais pas l’abandonner  toute seule. Les risques sont multiples et de grande ampleur, étant, malgré tout,  convaincu que je ne pouvais être, dans certains cas, d’aucun secours, en ces moments de guerre.

Une foule d’idées envahit mon esprit – « et si quelqu’un fusait de ces végétations touffues avec des intentions criminelles ?».  Et si les soldats nous surprenaient là, quelle devrait être ma réaction ? Surtout dans le cas ou quelque  sadique ou criminel venait à laisser libre court à ses instincts bestiaux ? » «  Devrais je défendre la femme,  crier ou me sauver ? » Mon dieu ! Quelle lourde responsabilité. mais l’idée qui me hantait le plus serait d’être forcé d’assister  sans broncher à un viol sur une personne qui représentait pour moi, une compagnonne, qui aurait pu être à la limite, une sœur, voire même ma mère. C’est cela, ce que les kabyles appellent l’ anaia pour laquelle, un homme doit mourir. Pour ne pas laisser son protégé se faire attaquer par un ennemi. En effet, ce monstre imaginaire mais potentiellement réel deviendra de facto, mon ennemi contre lequel je  devrais me battre. C’est cela le piège dans lequel je me voyais subitement tombé. Une logique implacable d’un aller sans retour.

cette idée m’obséda d’autant plus que , la beauté , la taille  , la corpulence de cette jeune femme semblait faites pour attirer les hommes,  et que dire de ces monstres privés de relations sexuelles depuis des mois voire même des années, fabriqués par la mission civilisatrice occidentale ?. En somme une véritable poudrière devant un enfant qui vient tout juste d’ouvrir les yeux sur ce monde de la sensibilité, de la beauté, de la sexualité.

Mon esprit, à ce moment a été traversé par l’idée de la relation sexuelle. A cet age ? Oui cela est possible ! Libres aux psychologiques de tirer les conclusions qui pourraient révéler ma constitution psychologique, mais moi je persistais à observer cette créature, seule, qui ne se doutait pas  que mes yeux étaient fixés sur elle, depuis notre arrivée à cet endroit, d’abord pour la crainte que j’avais éprouvée pour elle au début et, par la suite, pour son charme, sa féminité et sa grâce. elle me donnait l’impression de m’être confiée corps et âme - elle était même entre mes mains d’enfants fragiles, sous ma responsabilité d’adulte - un terrible paradoxe que je n’arrive pas à comprendre tout à fait et qui me mit dans une situation d’ébullition, au point de perdre la raison. C’était trop de pression psychologique sur moi.

Je priais dieu que tout se passe sans incident- car entre la paix de l’esprit que j’éprouvais à cet instant et le risque d’une  détérioration dangereuse et rapide de la situation qui pouvait d’un moment à un autre facilement se terminer par un drame que je ne pourrais ni supporter   ni éviter ni oublier.

La journée s’était fort heureusement terminée sans aucun incident, nous retournions  à la maison, galvanisés par notre épreuve et notre exploit d’avoir pourvu notre famille  en légumes  pour plusieurs jours.

Cette expérience d’accompagnateur de jeunes filles charmantes, aux champs allait se répéter plusieurs fois et allait même devenir une sorte de routine pour moi.

Cette fois, je devais me déplacer, en compagnie d’une autre jeune femme sur un autre champ plus exposé que le précèdent à l’observation des militaires du camp voisin Agueni Adella.

Nous arrivions au jardin potager à environ 2 km du village sur un relief relativement plat .même scénario, la dame commençait à irriguer ses carrés. J’éprouvais un peu plus de contenance que la première, car c’est ma deuxième expérience périlleuse. Une demie heure à peine s’était écoulée qu’au dessus de nos tètes  planait à haute altitude, un piper. Rien de grave, ne nous nous étions ravisés intérieurement, comme par télépathie. On entendait un très léger mais assez long souffle et l’avion disparaissait de notre champ visuel

Oh ! Plus de peur que de mal. Nous savions aussi que ce type d’appareil n’était pas conçu pour des attaques. Il s’agissait d’un avion que les kabyles surnommaient ‘ «  le mouchard  »  ou en français l’espion. On savait aussi qu’il transmettait des informations au sol et aux avions d’attaques  ou de bombardement massif.

Mais, erreur ! Car, ce que nous croyions être un passage routinier n’était en fait qu’une simple feinte, ou bien avait il terminé de bien mener sa mission, puisque pas plus  de 5 minutes seulement se sont  écoulés qu’un t6 est venu pointer son nez droit devant nous. En rase mottes, il piqua sur nous et l’absence d’arbres susceptibles de le gêner dans sa manoeuvre, le rapprochait de nous comme pour nous donner un coup de bélier

et vroom !; il passa au dessus de nos têtes avec un bruit assourdissant et vibrant en même temps puis, s’éloigne en prenant de l’altitude pour éviter de heurter  plus loin le flan  du piton de timezguida. c’était à cet endroit que les armées de Constantine et de bordj Tizi-Ouzou conduites par Randon, mac Mahon et yususf  ont choisi  d’installer leur bivouac en 1854 puis en 1857.la dame  de l’époque qui avait refoulé ces armées la première fois, après la pacification des béni iraten et des béni ouacifs, moyennant des pertes énormes de part et d’autre des belligérants, était la velleda Lalla Fatma N’Soumer dont le docteur A.Bertherand, dans son œuvre « campagnes de Kabylie », disait qu’il avait une voie aigue  en même temps vibrante, sans la nommer. Le docteur avait pourtant décrit le repli des toutes les forces en présence sur bordj Tizi-Ouzou, mais a sans doute volontairement omis de donner les causes exactes de cette fuite. Des soldats français vers la plaine.

Mais la dame qui vaquait à ses occupations avec un sang froid extraordinaire, et qui était là devant n’avait rien à voir avec cette légendaire guerrière visionnaire,

Elle a eu tout de même, à ce moment la présence d’esprit de me prodiguer  les meilleurs conseils pour mon suivie, avant que le t6 n’ait le temps de revenir sur nous.

Elle me dit «  ne bouge surtout pas ! Fais le mort et surtout ne t’affole pas, ne te retourne même pas pour regarder l’avion qui va certainement revenir sur nous dans quelques secondes »

J’ai suivi ses conseils à la lettre. Allongé sur un carré de menthe douce, légèrement couvert par de  longs plants d’haricots verts et de courgettes grimpant, de feuillages de tomates. Immobile je fis le mort et retins mon souffle pour ne pas dire que j’étais tout simplement mort de peur.

Une deuxième fois l’avion à unique hélice avant allait nous narguer en fonçant sur nous dans le sens inverse. Un moment j'avais cru qu’il allait toucher nos têtes.

J’avais alors eu le réflexe de lever les yeux brusquement pour apercevoir à travers une lucarne, quelques secondes durant, le pilote avec son casque, qui passait au peigne fin l’endroit où nous étions la dame et moi-même.

Il repart cette fois à basse altitude sans doute pour scanner toute la zone qui nous environnait.

Curieusement, cette deuxième virée à rase-mottes au dessus de nos têtes, au lieu de m’effrayer, a eu sur moi un effet inverse. Ce que je n’arrivais pas à m’expliquer. mais mon intuition m’éclaira : je n’avais plus peur cette fois et je me payais le luxe de bien fixer l’avion à son troisième passage, tout juste si j’avais contenue, en moi cette subite envie de saluer le pilote histoire de réconforter ma conviction que nous ne sommes pas des fellaghas - mais qu’il s’agissait  tout simplement d’une mère, il est vrai très jeune, accompagnée de son fils, tentés par une action imprudente en ces temps  où règnent la faim et la mort en maître suprêmes, de se procurer quelques légumes pour se nourrir.

L’avion disparaissait dans le ciel et la peur de notre esprit, comme par enchantement. Nous reprenions le chemin du retour au village, plus galvanisés encore par cette nouvelle expérience observée, cette fois, par tous les villageois de loin.

Ma troisième mission va être très particulièrement périlleuse et très longue en ce sens  qu’elle  durera sur un trajet de 10 km de surcroît je devais l’assurer en seul- elle fera l’objet d’un récit individualisé dans mes prochains articles.

Pour commander son livre, veuillez vous adresser directement à l'auteur : sihadj.abdenour@hotmail.com

Posté par Dihya_LAKAHINA à 10:38 - JEUNES AUTEURS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17/04/07

Ulinu d ulenk gan yan

Autres poèmes de Khadija Ikan :

Ulinu d ulenk gan yan

Ghinna ghilla amarg
Lant tislatin..
Izenzaren n tafukt..
Tirqi ..d tizrrarin..
Ulinu d ulenk gan yan..

Tzri tawrga gr iferghan
Isud rih n tafsut..
Huchent tichmra d lghlbaz
Smussant tayri gh itran
Ulinu d ulenk gan yan


Chuchfekh gh ill umllil
Ur gis ksudkh ad ngdekh
Ifd d ifd n tinnirin ayi hdan..
Ulinu d ulenk gan yan

Swikh aman n tisutin
Kdikh tujjut n turtitin
Gullikh zund kyyin ay melchil
Ulinu d ulens gan yan

Mon coeur et ton coeur ne sont qu'un

Là ou est la poesie
Il y a les fiancées
Les fils du soleil
Chaleur et chants
Mon coeur et ton cœur ne font qu’un.

L'eau déferle entre les palmeraies
Le vent souffle du printemps
Elles dansent les palmeraies et les fleurs
Faisant bouger l'amour parmis les étoiles
Mon coeur et ton coeur ne sont qu’un.

J'ai nagé dans le méditerrannée
Je n'avais pas peur de m'y noyer
Des centaines et des centaines d'anges me protéger
Mon coeur et ton cœur ne sont qu’un.

J'ai bu l'eau des siècles
J'ai respiré l'odeur des jardins
J'ai juré comme toi ô Imelchil
Mon coeur et son coeur ne sont qu’un.

Traduction française de l’auteure.

Poème en image, versions Power Point : Ulinu_d_ulenk_gan_yan___02_bis

Posté par Dihya_LAKAHINA à 12:16 - JEUNES AUTEURS - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Amuddu s imzziyninu

Khadija Ikan est une jeune poètesse chleuha, qui nous a fait confiance, et nous a envoyé certains de ces poèmes.

En voici encore un autre, déjà présenté lors d'une Soirée Littéraire : 

Amuddu s imzziyninu

Adrar n dern
Dlnt imdla imllulen
Gh yan zik sbah

Lligh tdrf dunit
D kra n timqqa n ignwan
Fkant tujjut i wmadal
Ksant tihchmiyyin
Gh wakal n rebbi yusân
D rih n souss isud
Gh wafa ismrqan s udfel
Ifrh ulinu s ulmuggarenk
A tawargit n imzziyninu
Gh wafayan yazen
Asri idssa
Akal izggaghen
n umskrud

Voyage de mon enfance

La montagne de Dern*
Est couvert de nuages blancs
Dans un tôt matin
Quand la vie est belle
Et que quelque goûtes du ciel
Offre une belle odeur au monde

Les filles ont guidé les troupeaux
Dans la vaste terre du Dieu
Et le vent du Souss souffle
Dans le cime brillant de neige

Si joyeux est mon coeur à ta rencontre
Rêve de mon enfance
Sur ce cime si proche
Elle me sourie
La terre rouge
De Amskrud²

N.B. de l'auteure :

Dern : montagne au pied de la chaîne de montagne toubkal, du grand Atlas.
Amskrud : montagne entre Imintanout et Taroudante, à la poussiere rouge.

Poème en image (sous format Powert Point) : Amuddu_s_imzziyninu___01_ter

Posté par Dihya_LAKAHINA à 12:05 - JEUNES AUTEURS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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