21/10/09
Tirra-Agadir : Table-ronde autour de la production écrite en amazighe
Tirra est le nom officiel de " l'Alliance des écrivains en amazighe" crée récement à Agadir. Initiée par un groupe d'écrivain en amazighe de la région d'Agadir, cette nouvelle association a comme objectif principal la promotion de l'écrit en amazighe sous toutes ses forme, poésie, roman, prose, récit, traduction....Parmis ses membre fondateurs figurent des noms renomés dans le domaine comme le romancier Mohamed Akounad, les écrivains chércheurs Mohamed Ousouss, Lahcen Zaheur, Abdelouahab Bouchtart et Lahcen Nachef, les poètes Abedallah Elmennani, Hanan Gahamou ou Mohamed Amgroud... La stratégie de ce nouveau né, qui vient renforcer le tissu associatif amazigh, s'appuie sur deux axes : encourager la production écrite en amazighe et mener des reflexions scientifiques sur ce sujet. De ce fait, il est ouverte à tous les écrivains en amazighe et éspère entrer en partenariat avec toutes les organisations et institutions nationales et internationales ayant les mêmes objectifs.
Tirra ouvre ses activitées de l'années culturelle 2009-2010 par une table-ronde sous le thème " L'écriture en amazighe : quel bilan ?". Elle aura lieu le samedi 31 octobre 2009 à 19h au Musée amazigh d'Agadir.
10/06/09
Rencontre avec Lahcen Ait Abaid
Rencontre avec Lahcen Ait Abaid.
Lahcen Ait Abaid est un littéraire au sens propre. De formation littéraire, il navigue entre l’arabe, le français et le berbère. Mais c’est dans sa langue maternelle qu’il choisi d’écrire. Il est de la génération des militants associatifs de la vague des années 90 auquel s’ajoute une curiosité existentielle et philosophique de la vie.
Angi signifie la crue. Le titre de ce recueil s’est imposé à l’auteur naturellement. Né près de l’oued, il a été bercé par cette réalité plurielle, qui peut faire le malheur des uns autant que le bonheur des autres. La crue est favorable à l’agriculture. Mais cette crue bénéfique peut s’avérer aussi être porteuse de drame : inondations, frontière terrestre, etc. Cette dualité du destin face à une réalité se retrouve chez les poèmes de M. Ait Abaid.
L’auteur a utilisé des néologismes berbères, annotés et expliqués en berbère et/ou en français.
Ce recueil de poésie, qui n’était pas destiné à être publié, est paru en 2004 (à 1 000 exemplaires). C’est l’ensemble de ses poèmes écrits depuis 1990 que nous offre ici M. Ait Abaid.
Parcours de M. Ait Abaid :
L’auteur est né en 1965 à Agadir. M. Ait Abaid entre dans une école coranique sans connaître l’arabe (sa langue maternelle est le tachelhite). Il parle lui-même d’un choc, d’une dualité entre sa langue maternelle et cette autre langue qu’il apprend à l’école .
A l’école coranique, il n’apprend pas les sourates mais il est fasciné par la langue arabe (l’écriture arabe). Par la suite, il s’intéresse aux livres et à la langue française. Puis, il obtient une licence en littérature arabe à la fac d’Agadir. Il se passionne aussi à cette époque pour le théâtre et la poésie française. Ce parcours universitaire lui offre un poste d’instituteur.
Il se voit comme un lecteur militant et un écrivain philosophique. A 6 ans, la dualité des langues au Maroc le questionne. Et dès l’adolescence, il s’interroge sur la mort.
Choix de la langue berbère à l’écrit :
M. Ait Abaid a choisi d’écrire en berbère, la langue qu’il maîtrise le mieux. Pour ce poète : « chaque langue à sa manière de voir le monde ». Mais l’arabe et le français « m’ont ouvert des portes ».
L’auteur souligne le manque de contacts et d’échanges entre berbères (entre les différents dialectes et régions) qui bloque une compréhension mutuelle : orale et écrite.
Lire et écrire est un exercice exigeant qui demande un effort, y compris dans sa langue maternelle (quelle que soit celle-ci : français, arabe ou berbère). Pour M. Ait Abaid, il ne faut donc pas dramatiser ou exagérer la difficulté de la littérature écrite en berbère.
Projets à venir :
Son second recueil de poésie sera publié prochainement. M. Ait Abaid a récemment terminé d’écrire une pièce de théâtre en berbère. C’est une pièce de théâtre qu’il a commencé à rédiger dans les années 90. Elle sera normalement publiée en 2010.
Nous vous informons en temps voulu de ses publications.
M. Ait Abaid nous a lu son poème « Tamarayt ».
Vous pouvez vous procurez un exemplaire de « Angi » via notre association.
La rencontre littéraire avec l'auteur a eu lieu le 5 juin 2009, à « Café Livres ». Un enregistrement audio de l'entretien sera disponible. Merci à l'auteur pour sa présence.
26/05/09
Brahim Lasri
Rencontre avec Brahim Lasri :
Le militantisme de l'oral à l'écrit 
L'auteur Brahim Lasri de séjour à Paris, nous a fait l'honneur de s'exprimer sur son parcours et de répondre à nos questions. Cet auteur et militant chleuh, qui parle aussi couramment kabyle et français, vit au Maroc. Il vient de publier son premier roman Ijawwan n Tayri depuis peu, aux éditions de l'association lmal (Marrakech).
Présentation de l'auteur, par Lahoucine Boyyakoubi :
Le parcours de Brahim Lasri est un combat politique et culturel : à l’exploration du domaine culturel s’est ajouté des revendications politiques. Issu de la génération des années 80-90 (fin des années 80, début des années 90) , il « est le fruit d'un travail qui a commencé à cette époque » (L. Boyaakoubi) qui ont voulu faire perdurer la langue berbère en la faisant passer du statut purement oral à celui de l'écrit.
Il n'y a malheureusement pas de relève. Tous les auteurs et militants qui écrivent en berbère actuellement sont de cette vague générationnelle.
Parcours de Brahim Lasri :
L'un des moteurs principaux de B. Lasri et de ses collègues est d'accorder une importance particulière à a langue berbère, tant orale que écrite.
Il crée avec ses collègues le club Isefm, dans le quartier de lbattwar, à Agadir pour « écrire et produite en amazigh ». L'aspect tant culturel que politique les motivent car durant ces années tout est à faire pour la langue berbère. En 1989, ils fondent une association : Tamaynut-Agadir (la section Agadir de Tamaynut).
L'une des grandes « inventions » de ces militants fut sans aucun doute d'imposer l'utilisation de la langue tachelhite durant les activités de l'association (débats, etc.). Ce qui est rare, voire inexistant, à l'époque. Le français et l'arabe sont, en effet, considérés comme des langues « intellectuelles » ou « savantes », contrairement au berbère. Celle-ci est estimée comme une langue populaire uniquement.
Lors de réunions, le club Isefm recherche du lexique berbère à collecter et à diffuser. Ces jeunes étudiants et chômeurs rêvent d'écrire en berbère.
B. Lasri commence par écrire des poésies (publiées dans les revues « Anaruz », « Tifawt » ou « Amduz »). Il confirme lui-même avoir reçu et suivi l'influence du regretté Ali Azaiku . Entre 1993 et 1994, il commence à écrire son roman (qu'il intitule à l'époque « Arrmad »). Il reprend l'écriture de ce roman, en 1997 (en France). Puis, il le termine de retour au Maroc. B. Lasri condense alors son histoire, la simplifie pour être plus proche du lecteur. Il préfère s'exprimer dans la langue populaire , avec ses apports arabes et français.
Pour B. Lasri, il existe une censure tacite envers les écrivains amazigh . Leurs publications sont rares et leurs diffusions difficiles (lorsqu'il sont en librairie, il faut souvent les chercher derrière le comptoir).
Dernièrement, B. Lasri a traduit (pour une association de lutte contre le sida) un fascicule de prévention du Sida en berbère, à Agadir. Pour que cette prévention sanitaire soit comprise de tous, il fallait qu'elle soit compréhensible autant des berbérophones que des arabophones. Autant dire que le militantisme de B. Lasri ne s'arrête pas au seul aspect de la culture.
Son roman : Ijawwan n Tayri
Ce roman est non-autobiographique mais tiré de faits réels. Il raconte l'histoire d'un homme (un chleuh) qui, à Agadir, vit une histoire d'amour avec une femme enceinte (d'un autre) et qu'il héberge . Il écrit sur la ville, celle d'Agadir (et d'Inezgane) que l'auteur connaît bien. Les chapitres de ce roman correspondent chacun à un mois de grossesse. L'auteur a fait démarré le roman au 2nd mois (ayyur 2) de grossesse puisque la jeune fille (Tilleli) sait déjà qu'elle est enceinte lorsque le livre débute.
On a beaucoup parlé et interrogé B. Lasri, lors des différents entretiens qu'il a donnés, sur la place de la sexualité dans son roman (au niveau descriptif et linguistique). Pour B. Lasri, le passage à l'écrit (et à l'individualité de cette forme de média) permet une ouverture sur des thèmes jugés tabous en société car il peut se lire seul. Ce roman aborde aussi de nombreux autres thèmes : la politique, la famille, le quartier, etc.
La traduction en langue française du roman est en cours.
La rencontre littéraire avec l'auteur a eu lieu le 1er mars 2009, à « Café Livres ». Une vidéo de l'entretien sera disponible. Merci à l'auteur pour sa présence.
